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au sommaire du cours PSC
Michel Onfray, Politique du rebelle, traité
de resistance et d’insoumission, Paris, Grasset, 1997, p. 15,
18, 19.
Robert Piccamiglio, Chroniques des années
d’Usine, Paris, Albin Michel, 1999, p. 93 (sur l’absence du
temps…)
Faut-il travailler pour être heureux ? Pour
plus d’un quart de nos concitoyens, le travail constitue une composante
importante du bonheur. Paradoxalement, ce sont les salariés
dont le travail est le moins gratifiant qui le valorisent le plus
(ouvriers et employés), devancés par les personnes
employées à temps partiel et les chômeurs. Le
travail est un moyen d’accéder à d’autres biens, et
il représente d’autant plus le bonheur qu’il fait défaut.
Au fur et à mesure que les personnes vieillissent, la perception
du travail comme condition du bonheur diminue. Chez les cadres,
les chefs d’entreprises et les professions libérales, l’activité
professionnelle est perçue différemment. S’ils sont
moins nombreux que les précédent à citer le
travail comme condition du bonheur (22 % contre 32 % tous âges
confondus), ils le valorisent cependant davantage comme facteurs
d’accomplissement, de réussite et de bien-être psychologique.
Leur appréciation reste constante quelle que soit la catégorie
d’âge : le " métier " étant une composante de
l’épanouissement individuel, ils éprouvent des difficultés
à le quitter lorsqu’arrive l’âge de la retraite. Ainsi,
pour les uns, le travail est une condition de base pour pouvoir
accéder à certains biens et fournir la sécurité
nécessaire au bonheur, tandis que pour les autres, il en
est simplement une composante, parmi d’autres valeurs, telles que
la famille ou l’amitié. (Baudelot Ch., Gollac M., " Faut-il
travailler pour être heureux ? ", Insee première,
n°560, dec. 1997.
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Chapitre 3 - La fin du travail ?
Introduction
Le travail comme valeur fondamentale. Perspectives
historiques critiques (mépris dans le monde grec, tripallum
dans le Moyen Age, XV-XVI. siècles : le travail comme un
antidote efficace à l'oisiveté et à la pauvreté
; Lumières : le travail comme instrument de civilisation
et de fondement de la citoyenneté. La révolution
industrielle achève de mettre le travail au centre
de l'organisation sociale.
Seule exception : sur le Droit
à la paresse de Paul lafarge
Aujourd'hui encore, la représentation dominante du travail
oscille entre ces deux visions (Baudelot Ch., Gollac M., " Le
travail ne fait pas le bonheur, mai il y contribue… ", Sciences
humaines, n°75, août-sept. 1997, p. 30 et s.)
Paradoxe de la problématique de la fin du
travail et la réalité du chômage. La place
qu’occupe aujourd’hui le travail dans nos sociétés
est un problème. Son emprise sur l’ensemble de la vie sociale
n’est pas en contradiction avec le drame que constate l’absence
de travail: il s’agit d’une même réalité.
Et toutes les solutions proposées aujourd’hui pour lutter
contre le chômage - parfaitement compréhensibles
dans le court terme - ne font que renforcer cette emprise, donc
ne permettent pas de traiter en profondeur les problèmes
auxquels nous sommes confrontés. Réfléchir
à la place et la fonction sociale du travail, entre le
travail productif et la citoyenneté.
§1 : Les mutations du travail
A - La montée des secteurs tertiaires
Le décollage économique du pays (à
partir des années 1830), puis l’accélération
de l'exode agricole (dés le milieu du XIXe siècle)
traduisent une évolution structurelle profonde : le passage
d'une France rurale et paysanne sous Napoléon Ier à
une société postindustrielle où la grande
majorité des actifs travaillent dans les services.
Au début du XIXe siècle, 65
% des actifs travaillaient dans l’agriculture. A la fin du second
Empire (1870), ils n’étaient plus que la moitié,
à la veille de la Première Guerre mondiale moins
de 40 %. Entre les deux guerres, la structure est équilibre
avec un tiers des actifs dans chacun des trois secteurs: l’agriculture,
l’industrie, les services. Aujourd’hui, la prééminence
du tertiaire est considérable : il regroupe près
de 70 % des emplois, l’industrie 26 %, l’agriculture moins de
5%.
La séparation entre tertiaire marchand et
tertiaire non marchand est devenue fondamentale. On parle des
secteurs tertiaires, et les subdivisions ne cessent de grandir,
rendant plus complexes les classements des activités.
B - Développement de l'activité
féminine salarié
Milieu des années 60 : les femmes transforment
leur travail en emploi salarié. Perspectives européennes
comparables, mais avec des rythmes différents. C’est bien
sûr un effet de l’élévation du niveau général
de formation et de l’intérêt ou de la nécessité
d’un double salaire à l’ère de " la consommation
de masse " ; mais c’est aussi, et peut-être surtout, la
marque que désormais les femmes se réalisent dans
l’emploi, c’est-à-dire dans un travail nécessaire
à leur reconnaissance sociale.
C - L'envol du travail à temps partiel
Décollage depuis 1980 (8 % en 1980, la proportion
d’actifs travaillant à temps partiel est passée
à plus de 16 % en 1997). Caractéristiques : essentiellement
féminin, âges, choix et contraintes, professions
peu qualifiées…
Le travail
temporaire en 1999 - format PDF
Emploi-jeune : Gournac Alain
" Pour une sortie en bon ordre : bilan à mi-parcours
des emplois-jeunes
", Commission des Affaires sociales du Sénat, Rapport n°
25)
D - Le travail et le chômage… Le chômage
comme révélateur
La croissance comm mythe de résorbsion du
chômage (Sciences humaines, n°59 ; Rapport Boissonnat.
Voir aussi les prévisions de l’OFCE ou du CEPII. ; Le Nouvel
économiste, 21 avril 1995)
La personnalité du chômeur : " traumatisme social
généralisé " qui se répercute sur
tous les aspects de la vie quotidienne et sur toutes les dimensions
de la personne. Perte de repères dans l'espace et dans
le temps conscience de leur " inutilité au monde" (R. Castel,
Les Métamorphoses de la question sociale, Fayard, 1995
; D. Schnapper, L’Epreuve du chômage, Gallimard, 1981),
impuissance à se projeter dans l'avenir (G. Balacz et J.-P.
Faguer, " Jeunes à tout faire et petit patronat en déclin
", Actes de la recherche en sciences sociales, 1979, n° 28.),
désagrégation du statut social, dissolution des
liens avec les autres, remise en question fondamentale de sa propre
valeur.
L’exemple de la petite ville autrichienne de Marienthal,
analysé par Paul Lazarsfeld et son équipe dans les
années 30, est à cet égard très instructif
(P. Lazarsfeld, Les Chômeurs de Marienthal, Paris, Editions
de Minuit, Paris, 1981). La vie associative, particulièrement
riche, s’est brutalement interrompue sous l’effet du chômage,
lorsqu’à la suite de la crise de 1929, la mine, principale
ressource économique de la ville, a été fermée.
Aucune association n’a survécu, même celles qui se
trouvaient les moins dépendantes de l’activité minière
: les associations sportives et culturelles. Et pourtant ce n’était
plus faute de temps libre ! L’identité au travail engendre
des liens sociaux au-delà de l’usine, du chantier, du magasin
ou du bureau. Le chômage est source de désaffiliation.
Olivier Schwartz (O. Schwartz, Le Monde privé
des ouvriers Puf, 1990) a mis en lumière la honte de soi
des ouvriers au chômage qui, restant chez eux à longueur
de journée n’assument plus le regard des voisins (fussent-ils
chômeurs, eux aussi), de leurs enfants ou de leur épouse
puisqu’ils pensent avoir perdu à leurs yeux une grande
partie de leur " raison d’être ", de ce qui, au-delà
de l’emploi et du salaire, les définissait comme collègue,
père ou époux.
L'extension du chômage et sa banalisation
: pas de remise en cause de la désocialisation de la personne
touchée par le chômage.
§2 : Les thèses de l’évolution
du travail
Méda Dominique, " Panorama des thèses
sur le partage du travail " Article inédit, La Documentation
française, 1996, Problèmes politiques et sociaux
n°780-781.
Thèses en présence, trois pôles
:
Pour les uns, le travail salarié touche
à sa fin. La tendance à long terme de nos sociétés
est de voir disparaître le travail salarié, il faut
apprendre à penser la société et l'insertion
de l'individu autrement que par le travail. Remise en cause de
la société productiviste et industrielle.
A l'opposé, certains pensent au contraire
qu'il faut redonner au travail une place centrale en stimulant
les forces de production. Revalorisation du travail productif.
Enfin, la troisième position, intermédiaire,
veut que le travail reste un pôle important de l'identité
sociale et des revenus. Il faut donc promouvoir partage du travail
et pluriactivité comme nouvelle base de la société.
Regardons de plus près les positions en présence.
A - Vers la disparition du travail salarié
?
[sur le tiers secteurs, voir le site du monde
diplomatique : fiche Economie solidaire)
" Travail ou activité ? ", Problèmes
économiques, Paris, La Documentation française,
n° 2 489, 9 octobre 1996.
Gorz (André), 1989, Métamorphose
du travail. Quête du sens, Paris, Galilée
Bresson Yoland, 2000, Le revenu d'existence ou
la métamorphose de l'être social, L'Esprit frappeur
éd., 101 p., 10 F.
Point de vue d’Alain Lipietz, " Fin
du travail ou fin du fordisme ? "
Critique
du thème de la fin du travail : par robert castel
Février 1998 - L’Evénement
, La révolte des chômeurs, La vanité des thèses
sur la fin du travail Par Jackie
Viruega
fin du travail : approche de l'écologiste
jean
zin
approche du pcf
1) Le déclin irrémédiable
du travail
Pour une réflexion sur
la réduction du temps
de travail
Pour les auteurs défendant cette thèse (Dominique
Meda (Le Travail, une valeur en voie de disparition , Aubier,
1995), Jacques Robin (Directeur de la revue Transversales Science
Culture et auteur d’un ouvrage intitulé Quand le travail
quitte la société post-industrielle, Paris, GRIT,
1994), Alain Lipietz (Lipietz Alain La société en
sablier. Le partage du travail contre la déchirure sociale,
Paris, Editions la Découverte, 1996. Choisir l’audace (La
Découverte, 1989) paru aux Etats-Unis sous le titre de
Towards a New Economic Order: Postfordism, Ecology and Democracy
(Oxford U.P., New York, 1992). J. Rifkin s’est largement inspiré
de cette analyse, en reprenant même, selon Lipietz, le plan
et jusqu’au détail des titres), André Gorz), il
faut partir d’un constat majeur : l’évolution économique
et technique condamne invariablement le travail à sa disparition
progressive.
Constat sociologique (Roger Sue, Temps et Ordre
social, Puf, 1994) : réduction du temps de travail (En
France, la durée annuelle du travail pour un salarié
à été ramenée, depuis le début
du siècle, de 3 000 à 1 650 heures. Le sociologue
Roger Sue a calculé que le temps de travail représentait
70 % du temps de la vie éveillé en 1850, et qu’il
ne représente plus que 14 % de ce temps en 1990) ; réduction
globale de l’activité (nombre d’heures annuelles de travail
en France est passé de 60 milliards en 1900 à 37
milliards aujourd’hui) .
|
Bibliographie
Problèmes politiques et sociaux n°780-781
" L’avenir du travail ", dossier, Esprit, n°
214, août-septembre 1995.
Collectifs, 2000, Emploi et travail : regards croisés,
Paris, L’Harmattan, Les rendez-vous d’Archimède.
Organisation internationale du Travail, 2000, Rapport
sur le Travail dans le monde, OIT éd.
Méda Dominique, " Activité, travail,
emploi ", Cahiers Français, La société française
contemporaine, n°291, p. 3-9.
Méda Dominique, Le travail. Une valeur en
voie de disparition, Paris Aubier, 1995.
Méda Dominique, 1997, Travail, une révolution
à venir, Mille et une nuits
La Documentation française, 1996, Problèmes
politiques et sociaux n°780-781.
Revue Futuribles, n°237, " la réduction
du temps de travail ", décembre 1998
Un réglement intérieur
d'une vinaigrerie (sic !) à
la fin du siècle dernier…
Sitographie :
Bibliographie complète
!
une perception de la thématique de la
fin du travail :
Aménagement et réduction
temps de travail ...
La sélection de livres de l'annuaire des
sites francophones consacrés aux ressources
humaines....
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2) La fin du
travail ?
L’américain Jeremy Rifkin (La fin du
travail, La Découverte, 1996, 1er parution aux USA
1995) synthétise les débats. Pour lui, la
révolution de l’informatique entraîne une destruction
massive et irréversible des emplois dans l’industrie
mais également les services.
Fiche de lecteur de Jeremy
Rifkin
Entretien
avec Jeremy Rifkin
Pour Alain Lipietz, ce qui est en train
de se transformer, c’est le travail salarial stabilisé.
Ce se développe, c’est un travail précarisé
dans une société inégalitaire, un grand
retour à l’Avant-guerre. Il s’agit donc moins de
constater la disparition du travail, que l’intensification
d’un travail précaire (protection sociale, durée
des contrats…) (Introduction à La société
en sablier. Le partage du travail contre la déchirure
sociale, Paris, Editions la Découverte, 1996.). André
Gorz (Métamorphoses du travail. Quêtes du sens
(Galilée, 1988) ; Misères du présent,
richesse du possible, Paris, Galilée " Débats
" 1997.) estime que " la crise du travail une fatalité
". C’est l’occasion de rompre définitivement avec
la société issue de la révolution industrielle
et fondée sur le travail salarié.
Pour J. Rifkin, la solution réside dans l’essor de
ce qu’il appelle le " tiers secteur " l’ensemble des activités
de nature pédagogique, caritative, bénévole
effectuées dans le cadre de coopératives ou
d’associations et relevant donc ni de l’Etat ni du secteur
privé proprement dit. Il s’agit, précise Alain
Lipietz, de développer des activités dans
les " immenses domaines " qui ont des besoins insatisfaits,
dans le domaine de l’environnement, des services aux personnes,
etc. André Gorz précise qu’il faut développer
des conceptions différentes du travail, destinée
à inclure dans l’emploi l’ensemble des activités
sociales.
B - Redonner une place centrale au travail
?
Le déclin du travail est donc inéluctable
? Ce n'est pas du tout l'opinion de C. Dubar, (sociologue),
C. Dejours (psychologue du travail) et J. De Bandt (économiste)
qui prennent le contre-pied des thèses (La France
malade du travail , Bayard, 1995).
tout d'abord, il faut recentrer l'économie
sur le travail,
à un second niveau, il faut gérer
l'entrée dans " l’économie de l'information
".
viennent enfin, des mesures partielles plus
immédiates
Une véritable mobilisation subjective
du salarié
C - Vers la pluriactivité ?
Esprit, " Vers une société
de pluriactivité ", décembre, 1995.
Godet (Michel), 1994, Le grand mensonge:
I’emploi est mort, vive l’activité !, Paris, Fixot.
Perret B., L’Avenir du travail, Seuil,
1995.
Plan Le travail dans vingt ans, O. Jacob,
1995.
1) Présentation de la thèse
Entre les deux thèses opposées
- celle du déclin du travail et celle de son nécessaire
renouveau - il existe un troisième pôle. B.
Perret, L'Avenir du travail (Seuil, 1995), ainsi que le
rapport du Plan Le travail dans vingt ans (O. Jacob, 1995),
sont représentatifs de ce courant. L'idée
centrale est que la formule de l'emploi à temps plein
pour tous s'est épuisée historiquement. Cela
ne signifie pas qu'on entre dans l'époque du " temps
choisi ". Il faut à la fois redistribuer le travail
et le repenser sous une forme élargie: la pluriactivité.
Le rapport dessine alors quatre scénarios possibles;
1) un scénario d'enlisement
2) envisager une gestion libérale du marché
du travail.
3) les scénarios 3 et 4 envisagent un système
plus innovant. Dans un cas, un arbitrage s'opère
entre temps de travail et revenu; dans l'autre, on imagine
un horizon idéal fondé sur une mutation du
système productif.
L’emploi à temps plein n'est pas la
seule condition pour obtenir un revenu, un statut social,
et assumer une fonction sociale utile. Mais la proposition
la plus originale est de type juridique: il faut, selon
le rapport, rebâtir un cadre institutionnel et légal
au travail, qui ne se fonde pas uniquement sur le contrat
de travail. Il intégrerait toutes les formes d’activités
transitoires entre l’emploi et l’inactivité : la
formation professionnelle, les stages, les activités
bénévoles, le chômage temporaire. Il
s’agit de reconnaître un véritable statut d’activité
qui englobe le contrat de travail sans s’y réduire.
|
2)
L’exemple du partage du temps de travail
Evolution du débat pour plusieurs raisons
:
l'expérience de réduction collective
du temps de travail menée en 1981-1982
l'importance du taux de chômage et
les faibles perspectives de croissance
entre la fin des années soixante-dix
et une période plus récente (1992-1993), plusieurs
phénomènes sont venus rendre la notion de
partage plus floue, plus ambigu
Exemple des lois sur les 35 heures
: Deux lois (1995 et 15 au 16 décembre 1999) sont
venus mettre en place une politique volontariste dans l’application
générale de ce principe de réduction
du temps de travail. La durée légale du travail
passe à 35 heures le 1er janvier 2000 pour les entreprises
de plus de vingt salariés. Cette date a en effet
été fixée par la première loi
Aubry. Les entreprises de moins de vingt salariés
ont jusqu’au 1er janvier 2002. D’ici là, elles peuvent
organiser la réduction du temps de travail (RTT)
en trois étapes. Principales dispositions de ces
lois : durée maximale, temps de travail effectif…
Débat
sur les 35 heures
- Rapport
du Sénat
- Approche du journal Libération
- sur les 35 heures, site gouvernemental
- Sur la réduction du temps de travail,
les textes officiels, ainsi que de nombreuses données,
l'exemple des
35 heures
- Voir, sur le même sujet, Aménagement
et Réduction du Temps de Travail. Mise à jour
le 25 Juin 1999. Documents signés ce jour ! Accord
cadre. Avenants
aux trois conventions...
- et surtout l’étude de l’Observatoire
Français des Conjonctures Economiques (OFCE), signée
par cinq économistes, sous le titre " 1993-1998:
veut-on réduire le chômage ? " (Eric Confais,
Gérard Cornilleau, Alain Gubian, Frédéric
Lerais et Henri Sterdyniak Lettre de l’OFCE, Paris, Presses
de Sciences Po, no 112, 3 mars 1993. Cette étude
est préfacée par un texte de Jean-Paul Fitoussi,
président de l’OFCE, intitulé " Utopies pour
l’emploi ").
D - Les critères de l’évaluation
du travail
Le partage du travail
peut alors apparaître comme l'instrument permettant
précisément d'assurer à chacun un accès
au travail, à la production et à la consommation
dans le cadre d'un nouveau type de croissance, donc comme
l'instrument de prédilection pour ouvrir à
une nouvelle société.
Deux critères: d'abord l'importance accordée
au fait d'être en société ; l’importance
accordée au travail
Un autre courant tend au contraire à relativiser
la place du travail, à tenter de comprendre comment
et au terme de quel processus historique il a pu occuper
une telle place dans la vie sociale, et considère
comme une chance la possibilité d'y recourir en moindre
quantité.
Conclusion : utiliser le temps libéré…
Le partage du travail peut alors apparaître
comme l'instrument permettant précisément d'assurer
à chacun un accès au travail, à la production
et à la consommation dans le cadre d'un nouveau type
de croissance, donc comme l'instrument de prédilection
pour ouvrir à une nouvelle société.
Deux critères: d'abord l'importance accordée
au fait d'être en société ; l’importance
accordée au travail
Un autre courant tend au contraire à relativiser la
place du travail, à tenter de comprendre comment et
au terme de quel processus historique il a pu occuper une
telle place dans la vie sociale, et considère comme
une chance la possibilité d'y recourir en moindre quantité.
Conclusion générale: Les
utilisations du temps libéré
Sur l’emploi du temps
libre
France et de la Suède, à partir
d'enquêtes monographiques dans des entreprises similaires
(" Temps de travail et mode de vie ", Sciences humaines,
n°82)
l’essentiel du temps dégagé
par la réduction du temps de travail est consacré
aux activités préexistantes plutôt qu'à
la réalisation de nouvelles.
les loisirs des salariés sont d'autant
plus consacrés au repos et à la détente
que les conditions de travail sont pénibles et les
horaires atypiques.
Libérer du temps pour des activités publiques
(Méda Dominique, Le travail. Une valeur en voie de
disparition, Paris, Aubier, 1995, pp. 292-302 (extraits))
La réduction de la place du travail dans nos vies,
qui devrait se traduire par une diminution du temps de travail
individuel, est la condition sine qua non pour que se développent,
à côté de la production, d'autres modes
de sociabilité, d'autres moyens d'expression, d'autres
manières pour les individus d'acquérir une
identité ou de participer à la gestion collective,
bref, un véritable espace public. L'autolimitation
consciente
Mettre une limite au développement
de la rationalité instrumentale et de l'économie,
construire les lieux où pourra se développer
un véritable apprentissage de la vie publique, investir
dans le choix des modalités concrètes et l'exercice
d'une nouvelle citoyenneté
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