Université catholique de Lille, 200-2003, 1er DEUG AES - Droit

Université de Lille 2 - 2000-2002 - 1er DEUG AES - Droit

 

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Michel Onfray, Politique du rebelle, traité de resistance et d’insoumission, Paris, Grasset, 1997, p. 15, 18, 19.

Robert Piccamiglio, Chroniques des années d’Usine, Paris, Albin Michel, 1999, p. 93 (sur l’absence du temps…)

Faut-il travailler pour être heureux ? Pour plus d’un quart de nos concitoyens, le travail constitue une composante importante du bonheur. Paradoxalement, ce sont les salariés dont le travail est le moins gratifiant qui le valorisent le plus (ouvriers et employés), devancés par les personnes employées à temps partiel et les chômeurs. Le travail est un moyen d’accéder à d’autres biens, et il représente d’autant plus le bonheur qu’il fait défaut. Au fur et à mesure que les personnes vieillissent, la perception du travail comme condition du bonheur diminue. Chez les cadres, les chefs d’entreprises et les professions libérales, l’activité professionnelle est perçue différemment. S’ils sont moins nombreux que les précédent à citer le travail comme condition du bonheur (22 % contre 32 % tous âges confondus), ils le valorisent cependant davantage comme facteurs d’accomplissement, de réussite et de bien-être psychologique. Leur appréciation reste constante quelle que soit la catégorie d’âge : le " métier " étant une composante de l’épanouissement individuel, ils éprouvent des difficultés à le quitter lorsqu’arrive l’âge de la retraite. Ainsi, pour les uns, le travail est une condition de base pour pouvoir accéder à certains biens et fournir la sécurité nécessaire au bonheur, tandis que pour les autres, il en est simplement une composante, parmi d’autres valeurs, telles que la famille ou l’amitié. (Baudelot Ch., Gollac M., " Faut-il travailler pour être heureux ? ", Insee première, n°560, dec. 1997.

Chapitre 3 - La fin du travail ?

Introduction

Le travail comme valeur fondamentale. Perspectives historiques critiques (mépris dans le monde grec, tripallum dans le Moyen Age, XV-XVI. siècles : le travail comme un antidote efficace à l'oisiveté et à la pauvreté ; Lumières : le travail comme instrument de civilisation et de fondement de la citoyenneté. La révolution industrielle  achève de mettre le travail au centre de l'organisation sociale.
Seule exception : sur le Droit à la paresse de Paul lafarge
Aujourd'hui encore, la représentation dominante du travail oscille entre ces deux visions (Baudelot Ch., Gollac M., " Le travail ne fait pas le bonheur, mai il y contribue… ", Sciences humaines, n°75, août-sept. 1997, p. 30 et s.)

Paradoxe de la problématique de la fin du travail et la réalité du chômage. La place qu’occupe aujourd’hui le travail dans nos sociétés est un problème. Son emprise sur l’ensemble de la vie sociale n’est pas en contradiction avec le drame que constate l’absence de travail: il s’agit d’une même réalité. Et toutes les solutions proposées aujourd’hui pour lutter contre le chômage - parfaitement compréhensibles dans le court terme - ne font que renforcer cette emprise, donc ne permettent pas de traiter en profondeur les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Réfléchir à la place et la fonction sociale du travail, entre le travail productif et la citoyenneté.

§1 : Les mutations du travail

A - La montée des secteurs tertiaires

Le décollage économique du pays (à partir des années 1830), puis l’accélération de l'exode agricole (dés le milieu du XIXe siècle) traduisent une évolution structurelle profonde : le passage d'une France rurale et paysanne sous Napoléon Ier à une société postindustrielle où la grande majorité des actifs travaillent dans les services.

Au début du XIXe siècle, 65 % des actifs travaillaient dans l’agriculture. A la fin du second Empire (1870), ils n’étaient plus que la moitié, à la veille de la Première Guerre mondiale moins de 40 %. Entre les deux guerres, la structure est équilibre avec un tiers des actifs dans chacun des trois secteurs: l’agriculture, l’industrie, les services. Aujourd’hui, la prééminence du tertiaire est considérable : il regroupe près de 70 % des emplois, l’industrie 26 %, l’agriculture moins de 5%.

La séparation entre tertiaire marchand et tertiaire non marchand est devenue fondamentale. On parle des secteurs tertiaires, et les subdivisions ne cessent de grandir, rendant plus complexes les classements des activités.

B - Développement de l'activité féminine salarié

Milieu des années 60 : les femmes transforment leur travail en emploi salarié. Perspectives européennes comparables, mais avec des rythmes différents. C’est bien sûr un effet de l’élévation du niveau général de formation et de l’intérêt ou de la nécessité d’un double salaire à l’ère de " la consommation de masse " ; mais c’est aussi, et peut-être surtout, la marque que désormais les femmes se réalisent dans l’emploi, c’est-à-dire dans un travail nécessaire à leur reconnaissance sociale.

C - L'envol du travail à temps partiel

Décollage depuis 1980 (8 % en 1980, la proportion d’actifs travaillant à temps partiel est passée à plus de 16 % en 1997). Caractéristiques : essentiellement féminin, âges, choix et contraintes, professions peu qualifiées…

Le travail temporaire en 1999 - format PDF

Emploi-jeune : Gournac Alain " Pour une sortie en bon ordre : bilan à mi-parcours des emplois-jeunes ", Commission des Affaires sociales du Sénat, Rapport n° 25)

D - Le travail et le chômage… Le chômage comme révélateur

La croissance comm mythe de résorbsion du chômage (Sciences humaines, n°59 ; Rapport Boissonnat. Voir aussi les prévisions de l’OFCE ou du CEPII. ; Le Nouvel économiste, 21 avril 1995)
La personnalité du chômeur : " traumatisme social généralisé " qui se répercute sur tous les aspects de la vie quotidienne et sur toutes les dimensions de la personne. Perte de repères dans l'espace et dans le temps conscience de leur " inutilité au monde" (R. Castel, Les Métamorphoses de la question sociale, Fayard, 1995 ; D. Schnapper, L’Epreuve du chômage, Gallimard, 1981), impuissance à se projeter dans l'avenir (G. Balacz et J.-P. Faguer, " Jeunes à tout faire et petit patronat en déclin ", Actes de la recherche en sciences sociales, 1979, n° 28.), désagrégation du statut social, dissolution des liens avec les autres, remise en question fondamentale de sa propre valeur.
 

L’exemple de la petite ville autrichienne de Marienthal, analysé par Paul Lazarsfeld et son équipe dans les années 30, est à cet égard très instructif (P. Lazarsfeld, Les Chômeurs de Marienthal, Paris, Editions de Minuit, Paris, 1981). La vie associative, particulièrement riche, s’est brutalement interrompue sous l’effet du chômage, lorsqu’à la suite de la crise de 1929, la mine, principale ressource économique de la ville, a été fermée. Aucune association n’a survécu, même celles qui se trouvaient les moins dépendantes de l’activité minière : les associations sportives et culturelles. Et pourtant ce n’était plus faute de temps libre ! L’identité au travail engendre des liens sociaux au-delà de l’usine, du chantier, du magasin ou du bureau. Le chômage est source de désaffiliation.

Olivier Schwartz (O. Schwartz, Le Monde privé des ouvriers Puf, 1990) a mis en lumière la honte de soi des ouvriers au chômage qui, restant chez eux à longueur de journée n’assument plus le regard des voisins (fussent-ils chômeurs, eux aussi), de leurs enfants ou de leur épouse puisqu’ils pensent avoir perdu à leurs yeux une grande partie de leur " raison d’être ", de ce qui, au-delà de l’emploi et du salaire, les définissait comme collègue, père ou époux.

L'extension du chômage et sa banalisation : pas de remise en cause de la désocialisation de la personne touchée par le chômage.

§2 : Les thèses de l’évolution du travail

Méda Dominique, " Panorama des thèses sur le partage du travail " Article inédit, La Documentation française, 1996, Problèmes politiques et sociaux n°780-781.

Thèses en présence, trois pôles :

Pour les uns, le travail salarié touche à sa fin. La tendance à long terme de nos sociétés est de voir disparaître le travail salarié, il faut apprendre à penser la société et l'insertion de l'individu autrement que par le travail. Remise en cause de la société productiviste et industrielle.

A l'opposé, certains pensent au contraire qu'il faut redonner au travail une place centrale en stimulant les forces de production. Revalorisation du travail productif.

Enfin, la troisième position, intermédiaire, veut que le travail reste un pôle important de l'identité sociale et des revenus. Il faut donc promouvoir partage du travail et pluriactivité comme nouvelle base de la société. Regardons de plus près les positions en présence.

A - Vers la disparition du travail salarié ?

[sur le tiers secteurs, voir le site du monde diplomatique : fiche Economie solidaire)

" Travail ou activité ? ", Problèmes économiques, Paris, La Documentation française, n° 2 489, 9 octobre 1996.

Gorz (André), 1989, Métamorphose du travail. Quête du sens, Paris, Galilée

Bresson Yoland, 2000, Le revenu d'existence ou la métamorphose de l'être social, L'Esprit frappeur éd., 101 p., 10 F.

Point de vue d’Alain Lipietz, " Fin du travail ou fin du fordisme ? "

Critique du thème de la fin du travail : par robert castel

Février 1998  - L’Evénement , La révolte des chômeurs, La vanité des thèses sur la fin du travail  Par Jackie Viruega

fin du travail : approche de l'écologiste jean zin

approche du pcf

1) Le déclin irrémédiable du travail

Pour une réflexion sur la réduction du temps de travail
Pour les auteurs défendant cette thèse (Dominique Meda (Le Travail, une valeur en voie de disparition , Aubier, 1995), Jacques Robin (Directeur de la revue Transversales Science Culture et auteur d’un ouvrage intitulé Quand le travail quitte la société post-industrielle, Paris, GRIT, 1994), Alain Lipietz (Lipietz Alain La société en sablier. Le partage du travail contre la déchirure sociale, Paris, Editions la Découverte, 1996. Choisir l’audace (La Découverte, 1989) paru aux Etats-Unis sous le titre de Towards a New Economic Order: Postfordism, Ecology and Democracy (Oxford U.P., New York, 1992). J. Rifkin s’est largement inspiré de cette analyse, en reprenant même, selon Lipietz, le plan et jusqu’au détail des titres), André Gorz), il faut partir d’un constat majeur : l’évolution économique et technique condamne invariablement le travail à sa disparition progressive.

Constat sociologique (Roger Sue, Temps et Ordre social, Puf, 1994) : réduction du temps de travail (En France, la durée annuelle du travail pour un salarié à été ramenée, depuis le début du siècle, de 3 000 à 1 650 heures. Le sociologue Roger Sue a calculé que le temps de travail représentait 70 % du temps de la vie éveillé en 1850, et qu’il ne représente plus que 14 % de ce temps en 1990) ; réduction globale de l’activité (nombre d’heures annuelles de travail en France est passé de 60 milliards en 1900 à 37 milliards aujourd’hui) .

Bibliographie

Problèmes politiques et sociaux n°780-781

" L’avenir du travail ", dossier, Esprit, n° 214, août-septembre 1995.

Collectifs, 2000, Emploi et travail : regards croisés, Paris, L’Harmattan, Les rendez-vous d’Archimède.

Organisation internationale du Travail, 2000, Rapport sur le Travail dans le monde, OIT éd.

Méda Dominique, " Activité, travail, emploi ", Cahiers Français, La société française contemporaine, n°291, p. 3-9.

Méda Dominique, Le travail. Une valeur en voie de disparition, Paris Aubier, 1995.

Méda Dominique, 1997, Travail, une révolution à venir, Mille et une nuits

La Documentation française, 1996, Problèmes politiques et sociaux n°780-781.

Revue Futuribles, n°237, " la réduction du temps de travail ", décembre 1998

Un réglement intérieur d'une vinaigrerie (sic !) à la fin du siècle dernier…

Sitographie :

Bibliographie complète !

une perception de la thématique de la fin du travail :

Aménagement et réduction temps de travail ...

La sélection de livres de l'annuaire des sites francophones consacrés aux ressources humaines....

Dossier : l'économie solidaire

Voir l’excellent numéro du Monde Diplomatique : " Chantiers de l'economie solidaire " : quelles perspectives pour le tiers-secteurs ? (avril 2000)

revue Transversales Science/Culture, n°57, " Eclairages sur... "Le tiers secteur en débat" ", mai-juin 1999.

Bibliographie

Jean-Louis Laville, Une troisième voie pour le travail, Desclée de Brouwer, Paris, 1999.

Roger Sue, La Richesse des hommes. Vers l'économie quaternaire, Odile Jacob, Paris, 1997.

Article

 " Demain l'économie solidaire ", par Jean-Paul Maréchal, avri 1998.

Sur la toile

Ministère de l'emploi et de la solidarité. La délégation interministérielle à l'innovation sociale et à l'économie sociale présente un agenda et des informations sur les consultations régionales de l'économie sociale et solidaire.

Transversales Science/Culture. Le site de la revue bimestrielle propose la consultation d'articles consacrés à l'économie solidaire, notamment les articles du dossier " Eclairage sur... " le tiers secteur en débat " ", numéro 57, mai-juin 1999 :

" Le rapport d'Alain Lipietz : une étape importante " par Elisabetta Bucolo ;

" Le "tiers secteur d'utilité sociale et écologique" : une fausse bonne idée ? ", par Alain Caillé ;

" Economie solidaire et tiers secteur ", par Jean-Louis Laville ;

" Risques et limites du tiers secteur ", par Dominique Méda ;

" Du tiers secteur à l'économie quaternaire ", par Roger Sue ;

" Le tiers secteur au-delà de la société salariale ", par André Gorz.

Horizon local. Base documentaire sur le développement local, la solidarité internationale, l'économie solidaire et le développement durable. Informations sur les systèmes d'échanges de savoirs et le microcrédit. Articles de nombreuses revues concernées.

Finansol. L'association pour le financement solidaire réunit des établissements financiers qui proposent des produits d'épargne solidaire, et des opérateurs financiers qui soutiennent l'insertion de personnes en difficulté par des initiatives économiques.

Ecotopie. Site dédié aux actions en matière d'écologie, et qui propose des informations pratiques sur l'économie solidaire et les réseaux d'échanges de savoirs. Nombreux liens.

Systèmes d'échanges locaux (SEL).

Le guide des SEL. Ce site présente le mode d'emploi des systèmes d'échanges locaux et diffuse un annuaire des SEL de France.

Sel'idaire. Ce site a pour vocation de promouvoir la diffusion d'informations sur les SEL. Dispose d'une bibliothèque, d'une liste des SEL de France et du monde. Nombreux liens vers d'autres sites.

 

2) La fin du travail ?

L’américain Jeremy Rifkin (La fin du travail, La Découverte, 1996, 1er parution aux USA 1995) synthétise les débats. Pour lui, la révolution de l’informatique entraîne une destruction massive et irréversible des emplois dans l’industrie mais également les services.

Fiche de lecteur de Jeremy Rifkin

Entretien avec Jeremy Rifkin

Pour Alain Lipietz, ce qui est en train de se transformer, c’est le travail salarial stabilisé. Ce se développe, c’est un travail précarisé dans une société inégalitaire, un grand retour à l’Avant-guerre. Il s’agit donc moins de constater la disparition du travail, que l’intensification d’un travail précaire (protection sociale, durée des contrats…) (Introduction à La société en sablier. Le partage du travail contre la déchirure sociale, Paris, Editions la Découverte, 1996.). André Gorz (Métamorphoses du travail. Quêtes du sens (Galilée, 1988) ; Misères du présent, richesse du possible, Paris, Galilée " Débats " 1997.) estime que  " la crise du travail une fatalité ". C’est l’occasion de rompre définitivement avec la société issue de la révolution industrielle et fondée sur le travail salarié.
Pour J. Rifkin, la solution réside dans l’essor de ce qu’il appelle le " tiers secteur " l’ensemble des activités de nature pédagogique, caritative, bénévole effectuées dans le cadre de coopératives ou d’associations et relevant donc ni de l’Etat ni du secteur privé proprement dit. Il s’agit, précise Alain Lipietz, de développer des activités dans les " immenses domaines " qui ont des besoins insatisfaits, dans le domaine de l’environnement, des services aux personnes, etc. André Gorz précise qu’il faut développer des conceptions différentes du travail, destinée à inclure dans l’emploi l’ensemble des activités sociales.

B - Redonner une place centrale au travail ?

Le déclin du travail est donc inéluctable ? Ce n'est pas du tout l'opinion de C. Dubar, (sociologue), C. Dejours (psychologue du travail) et J. De Bandt (économiste) qui prennent le contre-pied des thèses (La France malade du travail , Bayard, 1995).

tout d'abord, il faut recentrer l'économie sur le travail,

à un second niveau, il faut gérer l'entrée dans " l’économie de l'information ".

viennent enfin, des mesures partielles plus immédiates

Une véritable mobilisation subjective du salarié

C - Vers la pluriactivité ?

Esprit, " Vers une société de pluriactivité ", décembre, 1995.

Godet (Michel), 1994, Le grand mensonge: I’emploi est mort, vive l’activité !, Paris, Fixot.

Perret B., L’Avenir du travail, Seuil, 1995.

Plan Le travail dans vingt ans, O. Jacob, 1995.

1) Présentation de la thèse

Entre les deux thèses opposées - celle du déclin du travail et celle de son nécessaire renouveau - il existe un troisième pôle. B. Perret, L'Avenir du travail (Seuil, 1995), ainsi que le rapport du Plan Le travail dans vingt ans (O. Jacob, 1995), sont représentatifs de ce courant. L'idée centrale est que la formule de l'emploi à temps plein pour tous s'est épuisée historiquement. Cela ne signifie pas qu'on entre dans l'époque du " temps choisi ". Il faut à la fois redistribuer le travail et le repenser sous une forme élargie: la pluriactivité.
Le rapport dessine alors quatre scénarios possibles;
1) un scénario d'enlisement
2)  envisager une gestion libérale du marché du travail.
3) les scénarios 3 et 4 envisagent un système plus innovant. Dans un cas, un arbitrage s'opère entre temps de travail et revenu; dans l'autre, on imagine un horizon idéal fondé sur une mutation du système productif.

L’emploi à temps plein n'est pas la seule condition pour obtenir un revenu, un statut social, et assumer une fonction sociale utile. Mais la proposition la plus originale est de type juridique: il faut, selon le rapport, rebâtir un cadre institutionnel et légal au travail, qui ne se fonde pas uniquement sur le contrat de travail. Il intégrerait toutes les formes d’activités transitoires entre l’emploi et l’inactivité : la formation professionnelle, les stages, les activités bénévoles, le chômage temporaire. Il s’agit de reconnaître un véritable statut d’activité qui englobe le contrat de travail sans s’y réduire.

2) L’exemple du partage du temps de travail

Evolution du débat pour plusieurs raisons :

l'expérience de réduction collective du temps de travail menée en 1981-1982

l'importance du taux de chômage et les faibles perspectives de croissance

entre la fin des années soixante-dix et une période plus récente (1992-1993), plusieurs phénomènes sont venus rendre la notion de partage plus floue, plus ambigu

Exemple des lois sur les 35 heures : Deux lois (1995 et 15 au 16 décembre 1999) sont venus mettre en place une politique volontariste dans l’application générale de ce principe de réduction du temps de travail. La durée légale du travail passe à 35 heures le 1er janvier 2000 pour les entreprises de plus de vingt salariés. Cette date a en effet été fixée par la première loi Aubry. Les entreprises de moins de vingt salariés ont jusqu’au 1er janvier 2002. D’ici là, elles peuvent organiser la réduction du temps de travail (RTT) en trois étapes. Principales dispositions de ces lois : durée maximale, temps de travail effectif…

Débat sur les 35 heures

  • Rapport du Sénat
  • Approche du journal Libération
  • sur les 35 heures, site gouvernemental
  • Sur la réduction du temps de travail, les textes officiels, ainsi que de nombreuses données, l'exemple des 35 heures
  • Voir, sur le même sujet, Aménagement et Réduction du Temps de Travail. Mise à jour le 25 Juin 1999. Documents signés ce jour ! Accord cadre. Avenants aux trois conventions...
  • et surtout l’étude de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE), signée par cinq économistes, sous le titre " 1993-1998: veut-on réduire le chômage ? " (Eric Confais, Gérard Cornilleau, Alain Gubian, Frédéric Lerais et Henri Sterdyniak Lettre de l’OFCE, Paris, Presses de Sciences Po, no 112, 3 mars 1993. Cette étude est préfacée par un texte de Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE, intitulé " Utopies pour l’emploi ").

D - Les critères de l’évaluation du travail

Le partage du travail peut alors apparaître comme l'instrument permettant précisément d'assurer à chacun un accès au travail, à la production et à la consommation dans le cadre d'un nouveau type de croissance, donc comme l'instrument de prédilection pour ouvrir à une nouvelle société.
Deux critères: d'abord l'importance accordée au fait d'être en société ; l’importance accordée au travail
Un autre courant tend au contraire à relativiser la place du travail, à tenter de comprendre comment et au terme de quel processus historique il a pu occuper une telle place dans la vie sociale, et considère comme une chance la possibilité d'y recourir en moindre quantité.

Conclusion : utiliser le temps libéré…

Le partage du travail peut alors apparaître comme l'instrument permettant précisément d'assurer à chacun un accès au travail, à la production et à la consommation dans le cadre d'un nouveau type de croissance, donc comme l'instrument de prédilection pour ouvrir à une nouvelle société.

Deux critères: d'abord l'importance accordée au fait d'être en société ; l’importance accordée au travail
Un autre courant tend au contraire à relativiser la place du travail, à tenter de comprendre comment et au terme de quel processus historique il a pu occuper une telle place dans la vie sociale, et considère comme une chance la possibilité d'y recourir en moindre quantité.

Conclusion générale: Les utilisations du temps libéré

Sur l’emploi du temps libre

France et de la Suède, à partir d'enquêtes monographiques dans des entreprises similaires (" Temps de travail et mode de vie ", Sciences humaines, n°82)

l’essentiel du temps dégagé par la réduction du temps de travail est consacré aux activités préexistantes plutôt qu'à la réalisation de nouvelles.

les loisirs des salariés sont d'autant plus consacrés au repos et à la détente que les conditions de travail sont pénibles et les horaires atypiques.


Libérer du temps pour des activités publiques (Méda Dominique, Le travail. Une valeur en voie de disparition, Paris, Aubier, 1995, pp. 292-302 (extraits)) La réduction de la place du travail dans nos vies, qui devrait se traduire par une diminution du temps de travail individuel, est la condition sine qua non pour que se développent, à côté de la production, d'autres modes de sociabilité, d'autres moyens d'expression, d'autres manières pour les individus d'acquérir une identité ou de participer à la gestion collective, bref, un véritable espace public. L'autolimitation consciente

Mettre une limite au développement de la rationalité instrumentale et de l'économie, construire les lieux où pourra se développer un véritable apprentissage de la vie publique, investir dans le choix des modalités concrètes et l'exercice d'une nouvelle citoyenneté

 

 

 

 

 

 

Rigaudiat Jacques, Réduire le temps de travail, Paris, Syros, 1994

TadUei Dominique, " Temps de travail, modes d’emplois ", in Vers la semaine de quatre jours ? Paris Editions La Découverte, coll. " Textes à l’appui ", 1994

Pierre Larrouturou (Du temps pour vivre, Paris, Flammarion, 1994 ; Pour la semaine de quatre jours ; éd. la Découverte, 1999) " chantre " de la semaine de quatre jours ; Combat Pour l’Emploi

Sur la semaine des quatre jours

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