Présentation
générale du cours et objectifs
[Février
2008]
L’intitulé
de ce cours laisse de grandes possibilités dans l’appréhension
et la présentation de ces problèmes sociaux.
L'actualité
offre une multitude d'exemples illustrant cette problématique
de "problémes sociaux contemporains". En
raison même de cette proximité (traitemetn médiatique
rapide, zapping idéologique...), il est parfois difficile
de contextualiser ces problèmes, c'est à dire,
de les réinserer dans leur dimension politique, culturelle
et sociale plus anciennes et profondes.
Le
cours présente trois objectifs
1) acquisition de certaines connaissances sociologiques
(approches méthodologiques —comment étudier
un problème, quels outils utilisés, comment
confronter les sources théoriques et empiriques ?)
; fournir des outils méthodologiques et théoriques
pour évaluer l'importance d'un « problème
social » au regard de l'évolution de nos sociétés;
2) travailler sur les constructions des représentations
(manières de percevoir, de comprendre, d’interpréter
et donc, d’agir sur le monde). Il s’agit de se
familiariser avec l’idée de la complexité,
dans l’appréciation et le traitement de ces problèmes.
3) participer à la construction d'un
esprit critique, utile dans le développement d'un cursus
universitaire utile. Dans ce cadre, le cours souhaite proposer
une réflexion sur les usages sociaux du droit :
1) c’est une vérité historique
et banale : le droit ne vient pas d’une quelconque
transcendance : il est pour partie, l’expression de
principes universels plus ou moins reconnues par les humains
en société (comme l’égalité
des humains, le respect de la personne, de la vie, des conditions
de vie, etc) ; et, pour partie également, l’expression
de rapport de forces entre les intérêts sociaux,
culturels, économiques des membres d’une société.
Le droit est le résultat du contrat social à
un moment donné de l’histoire des hommes. Il
est en perpétuelle construction/déconstruction.
2) Le droit civil et pénal s’élaborent
dans les accords normatifs des différentes composantes
d’une société donnée : dans une
même société, le mariage, l’âge
de la majorité, le droit de vote, l’égalité
des sexes, la peine de mort, etc varient suivant les époques.
3) Issus de rapports de forces qui évoluent
au gré de l’histoire, le droit ne peut qu’être
en évolution permanente.
4) Par conséquent, le droit n’est
pas réductible à la somme des lois existantes
: il existe du droit en formation chez les acteurs sociaux
(associations, mouvements politiques, innovations technologiques,
etc). Il existe aussi du droit en devenir dans les grands
textes fondamentaux (la constitution, les conventions internationales)
qui fixent un cadre général, mais laissent
aux acteurs le soin d’inventer comment ces dispositifs
vont prendre forme, au quotidien.
A partir de là, nous pouvons nous interroger
sur la manière dont certains problèmes vont
influencer la manière de dire et faire le droit ; nous
pouvons étudier les interactions entre la construction
sociale d’un problème et sa reconnaissance par
le droit.
Afin de réaliser ces objectifs, le cours
traitera de différentes thématiques (crise écologique,
violence urbaine, toxicomanie, travail…) qui permettent
une réflexion sur la notion de « problème
social ».
Ces questions seront l’occasion d’une
confrontation entre des approches théoriques (issues
de la sociologie, de l’ethnologie, de la sociologie
politique, etc) et des analyses empiriques (études
de cas, résultats d’enquêtes de terrain,
etc).
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